
Montreux Jazz Festival 2026 - Danko Jones, Deep Purple
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Programmée à l’origine avec Rival Sons en ouverture, cette soirée du Montreux Jazz Festival a dû se réinventer au pied levé après l’annulation du groupe californien. Une déconvenue vite oubliée : entre le power trio canadien Danko Jones et les pionniers historiques de Deep Purple, le plateau restant avait de quoi combler largement les absents, offrant même un format plus resserré et efficace pour cette soirée placée sous le signe du hard rock.
Danko Jones
© Photos / Marwan Khelif
Depuis 1996, Danko Jones a bâti sa réputation sur une formule imparable : riffs incisifs, refrains fédérateurs et une énergie scénique qui ne connaît pas la panne. Ce soir-là, le power trio torontois confirme tout ce qu’on savait déjà de lui — du hard rock bien cool, sans esbroufe ni temps mort, porté par un bassiste littéralement sur pile électrique d’un bout à l’autre du set. Fidèle à sa réputation de bête de scène, le groupe pousse même le public à improviser une ola dans toute la salle, moment de communion inattendu pour une soirée qui aurait pu se contenter d’être une simple mise en bouche. Avec douze albums au compteur, de We Sweat Blood à Leo Rising, Danko Jones n’a plus rien à prouver côté discographie — et sur scène non plus, visiblement. Une entrée en matière qui remplit largement le vide laissé par l’absence de Rival Sons.
Deep Purple
© Photos / Marwan Khelif
Deep Purple à Montreux, c’est une histoire qui s’écrit depuis l’enregistrement de Machine Head en décembre 1971, même si le groupe n’a fait ses vrais débuts sur la scène du festival qu’en 1996, trente ans jour pour jour avant ce concert. Sur scène, la machine de virtuosité tourne toujours, portée par la rythmique imperturbable de deux piliers historiques, Ian Paice et Roger Glover, et par un guitariste, Simon McBride, dont chaque solo confirme qu’il a parfaitement trouvé sa place dans cette légende vivante : vitesse des doigts spectaculaire, technique impressionnante de bout en bout, digne des standards que le groupe s’est lui-même fixés depuis un demi-siècle. Seule ombre au tableau, difficile à ignorer : la voix d’Ian Gillan ne pousse plus tout à fait comme avant, et certains aigus d’antan restent désormais hors de portée. Mais l’essentiel est ailleurs, dans ce supplément d’âme qui n’appartient qu’à Montreux : quand le refrain de « Smoke on the Water » résonne, porté par un public qui connaît chaque note par cœur, on repense forcément à ce même refrain joué il y a quelques années sur les eaux du Léman à la Scène du Lac — et on en a encore des frissons. Entre les incontournables (« Black Night », « Highway Star », « Hush ») et la preuve, avec trois albums sortis depuis 2020, que le groupe n’a toujours pas rangé son inventivité au placard, cette soirée referme le triptyque avec toute la légitimité d’une légende qui n’a jamais quitté les lieux bien longtemps.

